Hannibal la série qui te fous malle alèse

Hannibal est une série télévisée américaine comptant 39 épisodes de 43 minutes chacun et développée par Bryan Fuller, d’après les personnages créés par Thomas Harris et diffusée entre le 4 avril 2013 et le 29 août 2015 sur le réseau NBC

La série créée par Bryan Fuller sur la base des romans de Thomas Harris s’est avérée comme étant la très bonne surprise de cette fin de saison, s’érigeant tout de suite au rang de ce qui se fait de mieux, au-delà des considérations network/câble.

La série Hannibal est avant tout une histoire d’amitié.

HannibalCelle qui unit progressivement Will Graham et Hannibal Lecter. Will rejette d’abord Hannibal.

Il n’est pas en confiance avec cet homme venu pour l’aider à traquer un tueur en série, mais qui semble plus enclin à l’analyser.

Pour Hannibal, Will est un cas d’étude remarquable.

Un être tellement unique qu’il veut voir comment il fonctionne, ce qui le rend très spécial.

Une fois la réticence d’origine passée, Will va trouver en Hannibal un confident, une vraie béquille.

Vous imaginée avoir un amie psychopathe

 

Je l’ait vue sur Netflix Hannibal est une œuvre remarquable.

 

Ses dialogues sont ciselés à la perfection, brillants au possible. Si la noirceur du propos est constante, l’humour vient se glisser dans des petites lignes, par-ci, par-là, et touche au but à chaque fois. Hannibal, à sa future victime : « I was going to kill you. I didn’t poison your dinner. I wouldn’t do that to food. ». Jack Crawford à Hannibal, au dîner : « What am I about to put in my mouth? » Hannibal répond : « Rabbit. » Crawford : « He should’ve hopped faster! » Ensuite, après un plan où l’on voit un homme fuir, terrifié, en flashback, Hannibal répond : « Yes, he should have. Fortunately for us, he didn’t. ». D’autres lignes, moins drôles, saisissent, comme quand Hannibal dit : « Psychopaths are not crazy. They are fully aware of what they do and the consequences of those actions. ». La série met ici une barrière intelligente entre la folie et les psychopathes. Et si elle traite des deux, elle se refuse à tout mélanger.

hannibal

David Slade a fait un travail superbe à la réalisation.

Chaque plan semble travaillé, millimétré.

La série travaille sur les contrastes à de nombreuses reprises, joue avec la lumière, fait passer les personnages de l’ombre à la lumière.

Elle n’a pas peur du théâtral et de la mise en scène. Certaines morts tiennent de l’œuvre d’art (les anges de l’épisode 5, Coquille; le totem de corps de l’épisode 9, Trou Normand).

Des images qui restent dans les esprits.Le travail sur le son, en plus de la lumière, est sidérant. Accompagnement musical plus que partition, la BO habite le récit.

Des éléments dissonants, pas très agréables par nature et pourtant harmonieux dans l’exécution.

Des sons qui prennent aux tripes, qui mettent dans une ambiance parfois cotonneuse, parfois dérangeante, exprimant l’état d’esprit des protagonistes.

Et votre amie psychopathe vous invite a manger

Hannibal n’a rien d’un procédural banal.

Il transgresse, franchit les limites. La série part du principe que le récit ne doit pas être mené par les péripéties (les enquêtes), mais par la progression de ses personnages (souvent leur état mental). Elle possède autant dans son ADN des composantes propres aux networks qu’au câble. C’est une main tendue aux deux publics. Elle est aussi une preuve que le système américain n’empêche pas aux œuvres de posséder la voix de leur auteur, même sur un grand network. On se demandait bien ce qu’allait faire Bryan Fuller à la tête d’une telle série. Rien n’annonçait dans son CV une propension à donner dans le récit de sérial killer. Fuller est plus proche, dans l’esprit, de Tim Burton que de David Fincher.

Oui mais voilà, malgré la machine hollywoodienne censée tout essorer, tout polir, Hannibal reste bel et bien une œuvre de Bryan Fuller, chargée de ses thématiques personnelles : la mort, le conte.

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Une galerie de personnages fascinante, des images magnifiques, une écriture virtuose… la saison 1 d’Hannibal est une œuvre merveilleuse qui mérite qu’on s’y attarde longuement. Une œuvre hypnotisante, viscérale, et surtout, mémorable. Treize épisodes pour la plupart marquants, qui ne laissent pas indifférents. Derrière sa froideur apparente, la série est remplie de moments de pure émotion, qu’il s’agisse des sentiments de Will pour Alana, du désespoir de Jack Crawford par rapport à l’état de son couple, ou même de la relation amicale de Will et Hannibal…


 




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