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Tarot de Marseille

 

Introduction du Tarot de Marseille :

Le Tarot de Marseille est utilisé depuis la nuit des temps par les voyants et mediums pour prédire l’avenir de celles et ceux qui le consulte.

Ce jeu de Tarot est de loin le plus populaire et permet d’obtenir des prédictions précises sur les évènements futurs à moyen et long terme.

 

Les grands principes du Tarot de Marseille

Le Tarot de Marseille est composé de 22 arcanes majeures et de 56 arcanes mineures.

Qui représentent chacune des symboles comme La Justice, Le Bateleur, La Papesse, Le Diable ou encore La Lune.

De très nombreux autres tarots ont été créés à partir du Tarot.

Qui reste le tarot de prédilection utilisé par les voyants pour réaliser des consultations de voyance.

 

Le tarot, dit de Marseille, n’a pas grand-chose de Marseillais.

si ce n’est qu’entre la fin du XVIIe siècle et le milieu du XIXe, on ne le trouvait plus que dans la Cité phocéenne.

Le jeu de cartes, utilisé aujourd’hui par les diseurs de bonne aventure, est né en Italie du Nord à la Renaissance.

Comme le révèle l’étonnante et captivante enquête de Philippe Truffault et Christophe Poncet diffusée ce mercredi soir sur la chaîne Arte sous le titre Les mystères du tarot de Marseille.

Les auteurs du documentaire avancent l’hypothèse que le jeu a été inventé par un certain Marsile Ficin, un philosophe italien, traducteur de Platon et proche de Cosme de Médicis, seigneur de Florence au milieu du XVe siècle.

Ce fils de médecin, féru d’astrologie, aurait créé les vingt-deux atouts du tarot à des fins pédagogiques.

Pour transmettre son enseignement aux étudiants de l’Académie néoplatonicienne qu’il dirigeait et pour dissimuler à l’Église.

Sa pensée iconoclaste qui mêlait les croyances de l’Antiquité et le christianisme.

 

le tarot de Marseille sous l’Occupation, une activité surréaliste.

 

En 1941 alors que les nazis se rapprochent, André Breton et les surréalistes refusent de cesser leurs jeux.

Réfugiés à Marseille, ils recréent le tarot divinatoire.

Tenir le plus longtemps possible.

Tenir le plus longtemps possible.

Encore quelques semaines ou quelques mois, le temps que sa femme, Jacqueline Lamba, sa fille, Aube.

Et lui puissent quitter Marseille où ils se sont réfugiés en octobre 1940 avec un visa des Etats-Unis.

André Breton (1884-1966) sait qu’il doit tirer un trait sur Paris, tombée aux mains des nazis.

Ne surtout pas compter sur Vichy, qui vient d’interdire ses deux derniers ouvrages, le poème Fata Morgana et l‘Anthologie de l’humour noir.

Calmer l’angoisse qui le ronge chaque jour davantage et lui fait craindre le pire pour les surréalistes.

Les “indésirables” ont rallié Marseille

En ce mois de janvier 1941, certains sont à ses côtés.

Comme nombre d’« indésirables » juifs, apatrides ou antifascistes, ils ont rallié Marseille où se sont également repliés les consulats.

Il y a là l’écrivain révolutionnaire russe Victor Serge (1890-1947) et des peintres du mouvement :

Max Ernst (1891-1976) flanqué de sa nouvelle épouse, la collectionneuse américaine Peggy Guggenheim, le Roumain Victor Brauner (1903-1966).

Et son compatriote Jacques Hérold (1910-1987), l’Espagnol Óscar Domínguez (1906-1957), le Cubain Wilfredo Lam (1902-1982), ou encore André Masson (1896-1987).

A l’instar du poète, les plus chanceux sont pris en charge par le Comité de secours américain dirigé par Varian Fry (1907-1967).

Mandaté par Eleanor Roosevelt pour sauver savants, intellectuels, artistes et musiciens européens antinazis. Ils sont hébergés à la villa Air-Bel, 63, boulevard des Lombards, dans le quartier de la Pomme, sur la route d’Aubagne.

Une drôle de bâtisse Napoléon III que celle-ci, recouverte de lierre et dotée d’une quinzaine de chambres. Louée par le comité à un ornithologue, elle a été rebaptisée par les réfugiés « Château Espère-Visa ».

Mais de quoi sera fait demain ?

S’interroge Breton.

Victor Brauner peut à tout moment tomber sous le coup des lois antijuives récemment promulguées par Vichy.

Tous pourraient aussi se voir reprocher leur engagement antinazi puisque le mouvement a été le premier à vouloir joindre dans un même geste l’écriture ou la peinture et la politique.

Oui, il faut tenir.

Une seconde, une minute, une heure sans penser à tout cela.

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Le jeu, une activité prise au sérieux

« Alors, on joue ? » lance le poète à la cantonade.

Le jeu est constitutif du surréalisme.

Breton et ses amis ont d’emblée pris cette activité au sérieux.

Parce qu’elle est libre, gratuite et improductive.

Mais aussi parce qu’elle fédère ce collectif d’avant-garde né au lendemain de la Grande Guerre.

Ses membres, qui prônent l’union du réel et de l’imaginaire en libérant l’inconscient par le biais de l’écriture automatique ou du sommeil hypnotique, promeuvent « le jeu non comme un simple divertissement […] mais comme une façon de vivre », écrit l’historien d’art Jean-Paul Morel. Aussi ont-ils pris l’habitude de se retrouver chaque jour au café (Le Brûleur de loups, quai des Belges, a leur préférence à Marseille) ou chez Breton pour disserter et jouer des heures durant.

Parmi leurs jeux préférés, celui des Liquidations consiste à noter des personnalités sur une échelle de – 25 à + 20 (la plus mauvaise note avait, un temps, été attribuée au poète Henri de Régnier (- 22,90). La meilleure à… André Breton, gratifié d’un + 16,85.

La bande s’adonne aussi au désormais célèbre Cadavre exquis pour lequel chacun calligraphie sur un papier plié pour composer au final une phrase ou un dessin, sans savoir ce qu’ont tracé les autres.


« Jouer crée une communion de pensée »,

Insiste Henri Béhar, biographe de Breton et directeur du Centre de recherche sur le surréalisme de 1971 à 2012.

« C’était à qui trouverait plus de charme, plus d’unité, plus d’audace à cette poésie déterminée collectivement, confirmera des années plus tard Paul Eluard.

Plus aucun souci, plus aucun souvenir de la misère, de l’ennui, de l’habitude. Nous jouions avec les images et il n’y avait pas de perdant. »


Une manière d’oublier l’horreur

Or c’est bien cela que recherche Breton à Marseille.

Une manière d’oublier l’horreur qui se dessine chaque jour davantage sur le Vieux Continent, et cet ennui qui les englue.

Certains se réfugient dans la serre de palmiers d’Air-Bel.

Dans le parc en terrasse planté d’acacias, d’ormes et d’oliviers, à l’horizon duquel se dessine la mer, « Breton capture des mantes religieuses dont les mœurs amoureuses lui paraissent éclipser les faits divers passionnels des journaux », raconte Béhar.

On organise aussi des expositions collectives dans le jardin, en accrochant aux branches les tableaux de Max Ernst.

« Et si on créait un jeu de cartes ? » propose l’un des pensionnaires.

L’idée ne peut mieux tomber.

D’autant qu’on n’ose plus trop s’aventurer en ville.

En quelques mois, l’atmosphère y est devenue irrespirable.

« Toutes sortes de policiers y faisaient régner la terreur, à telle enseigne que j’y ai été arrêté jusqu’à trois fois dans la même journée », témoignera l’écrivain Benjamin Péret (1899-1959). André Breton en fait lui-même les frais.

Le 3 décembre 1940, la veille d’une visite officielle du Maréchal à Marseille, la police fait une descente à Air-Bel.

Son butin ?

Le revolver d’alarme de Victor Serge, le pistolet d’ordonnance de Breton, mais surtout un collage titré Ce sacré crétin de Pétain.

De quoi boucler trois jours durant le poète – tout comme vingt mille autres personnes également considérées comme dangereusement subversives.

 

Le tarot de Marseille version surréaliste

Créer un jeu de cartes, donc.

« Les surréalistes s’étaient déjà engagés à en produire un », rappelle le biographe.

Oui mais lequel ?

Breton se rend à la bibliothèque du palais Carli, près du Vieux-Port, pour consulter différents ouvrages sur le sujet.

Le tarot de Marseille, divinatoire, fait l’unanimité auprès de ces amateurs de voyantes, clients réguliers de Mme Sacco, cartomancienne du 15e arrondissement de Paris, dont les prédictions ajustées aux confidences des uns et des autres faisaient dire à un Breton naïf « elle ne s’est jamais trompée à mon sujet ».

Mais pas question de produire des cartes identiques à celles du traditionnel jeu marseillais, empreintes de références à l’Ancien Régime et aux revers militaires de la France.

La bande décide de maintenir la dualité rouge et noir.

Mais roi et reine perdent leur trône au profit du génie et de la sirène.

On ne saurait non plus accepter de subalternes : le valet est dégagé au profit d’un mage.

Les quatre enseignes – pique, cœur, carreau et trèfle – sont remplacées par l’amour (rouge), le rêve (noir), la révolution (rouge) et la connaissance (noir), qui correspondent aux symboliques du mouvement. Idem pour les emblèmes.

La flamme remplace l’épée, l’étoile supplante le denier, la roue (forcément sanglante) succède à la coupe et la serrure se substitue au bâton.

Ne reste plus qu’à concevoir les cartes.

On commence par tirer au sort les figures qu’il revient à chacun de réinterpréter.

Max Ernst introduit dans le jeu le révolutionnaire mexicain Pancho Villa.

Jacqueline Lamba choisit Baudelaire.

André Masson impose le poète allemand Novalis (1772-1801) et la mystérieuse « Religieuse portugaise » dont les lettres ont été publiées à la fin du XVIIe.

Óscar Domínguez élit Freud. Wilfredo Lam, Lautréamont et l’Alice de Lewis Carroll.

Jacques Hérold leur préfère le marquis de Sade et l’héroïne éponyme du dernier roman de Stendhal, Lamiel. Brauner se décide pour le philosophe Hegel et la médium suisse Hélène Smith (1861-1929).

Quant au chef charismatique de la bande, il ajoute à ce tarot surréaliste la figure de l’alchimiste et médium helvète du XVe siècle, Paracelse.

Vingt-deux cartes hybrides

En ces temps de pénurie où les tickets de rationnement sont mis en commun, on se partage les crayons de couleur jaunes, bleus ou rouges, comme le raconte Danièle Giraudy dans le catalogue de l’exposition « Le jeu de Marseille », qui s’est tenue au musée Cantini en 2003.

Un peu d’aquarelle et de l’encre de chine pour cerner les motifs.

Pour le support, du papier Canson ou des pages de garde arrachées à leurs livres. Les surréalistes réalisent au final vingt-deux feuilles fourmillant d’êtres hybrides, de personnages fantastiques propres à leur esthétique.

Dessinée par Brauner, Hélène Smith déploie une chevelure flamboyante en forme de léopard. Domínguez remplace la moustache et la cravate de Freud par des corps de femmes nues.

Le Pancho Villa d’Ernst a une tête de rapace les volatiles représentant souvent le double de l’artiste au sein de son œuvre.

Et Lamiel vue par Jacques Hérold ressemble étrangement aux mantes religieuses observées dans les jardins du Château Espère-Visa.

Le Jeu de Marseille, donné dans les années 2000 par Aube Breton au musée Cantini, n’a jamais été utilisé par les surréalistes pour tirer les cartes.

Le 25 mars 1941, grâce à Peggy Guggenheim qui paye leur traversée.

André Breton, Jacqueline Lamba et leur fille parviennent à embarquer sur le Capitaine Paul Lemerle en direction du Nouveau Monde.

Wilfredo Lam est avec eux.

Ernst les rejoindra peu après. Ils retrouveront aux Etats-Unis André Masson et beaucoup d’autres membres du mouvement.

Le chef de la bande est-il plus serein pour autant, à l’abri des bombes, du bruit des bottes et des arrestations arbitraires ?

Pas vraiment. Il se sait là étranger, coupé de sa langue et de ses repères.

Alors il recommence à jouer avec ses copains retrouvés.

Pour se tenir chaud.

Pour oublier.